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Qu'est-ce que le SPASER et pourquoi est-il essentiel pour les achats responsables ?

Bona — 08/07/2026 08:00 — 11 min de lecture

Qu'est-ce que le SPASER et pourquoi est-il essentiel pour les achats responsables ?

Pas besoin de tout lire

  • achats publics responsables : Le SPASER impose une démarche d’achat durable aux grandes entités publiques, intégrant des critères environnementaux et sociaux contraignants.
  • développement durable : Les prestations informatiques sont évaluées sur leur impact carbone, leur gestion des DEEE et leur sobriété énergétique.
  • indicateurs de performance : Les fournisseurs doivent fournir des KPI mesurables comme le bilan carbone ou le taux d’insertion sociale pour remporter les marchés.
  • stratégie d'entreprise : Anticiper les attentes du SPASER permet aux freelances et TPE/PME de se différencier en intégrant la RSE dans leur offre.
  • obligations légales SPASER : Les acheteurs de plus de 50M€/an doivent élaborer un SPASER, avec des sanctions possibles en cas de non-respect des engagements.

Près de 25 milliards d’euros s’échangent chaque année via les achats publics en France. Pourtant, un nombre croissant de prestataires du numérique voient leurs offres recalées, non pas par manque de compétence, mais faute d’intégrer une dimension qu’ils sous-estimaient : la responsabilité élargie de leurs prestations. Ce changement de paradigme n’a rien d’anecdotique - il redessine profondément les règles du jeu.

Comprendre le rôle du SPASER dans la commande publique

Qu'est-ce que le SPASER et pourquoi est-il essentiel pour les achats responsables ?

Un cadre légal pour l'achat durable

Le SPASER, acronyme du Schéma de Promotion des Achats Publics Socialement et Écologiquement Responsables, n’est pas une simple recommandation. Il découle directement de la loi Climat et Résilience de 2021, qui a imposé un cadre contraignant pour les acheteurs publics de grande taille. Ceux dont le volume annuel d’achats dépasse 50 millions d’euros doivent désormais élaborer un SPASER, document stratégique qui encadre leurs décisions d’achat selon des objectifs mesurables en matière environnementale, sociale et économique. Pour saisir les enjeux de cette transition réglementaire, il est utile de consulter une définition du SPASER complète avant d'ajuster sa stratégie commerciale.

Les trois piliers de la stratégie d'achat

Le SPASER repose sur trois piliers indissociables : l’environnement, le social et l’économie durable. Ces axes ne sont plus de simples mentions dans les appels d’offres, mais des critères d’évaluation formels. Par exemple, une prestation informatique peut être évaluée non seulement sur son prix, mais aussi sur sa capacité à réduire les émissions de CO₂, à intégrer des publics fragilisés dans la chaîne de production ou à favoriser une économie circulaire via la réutilisation du matériel. Ces dimensions deviennent des leviers de notation - et donc de sélection.

Qui est concerné par ces obligations ?

L’obligation de produire un SPASER concerne principalement les grandes collectivités territoriales, les établissements publics nationaux et les hôpitaux de taille importante. Toutefois, même les entités plus petites sont de plus en plus influencées par ces standards, car elles s’alignent sur les directives nationales ou régionales. Les fournisseurs, quels que soient leur taille ou leur spécialité, doivent désormais anticiper que leurs contrats puissent être évalués à l’aune de ces nouveaux indicateurs.
🔍 Ancien modèle d’achat🌱 Modèle SPASER
Prix comme critère dominant (jusqu’à 80 % de la notation)Équilibre entre prix, impact RSE et innovation durable
Évaluation basée sur les coûts immédiatsPrise en compte du cycle de vie du matériel
Peu ou pas de clauses socialesIntégration systématique de clauses sociales (insertion, formation)
Choix du matériel indépendant des impacts environnementauxPréférence pour les fournisseurs éco-conçus ou certifiés
Aucun reporting extra-financier exigéObligation de fournir un reporting extra-financier ou des KPI RSE

Les objectifs concrets pour une économie circulaire

Priorité à la décarbonation

La réduction des émissions de gaz à effet de serre est devenue l’un des leviers les plus attendus dans les marchés publics. Pour les prestations IT, cela passe par une gestion optimisée des data centers, une éco-conception logicielle (réduction de la consommation de ressources), ou encore le choix de matériel basse consommation. Les acheteurs demandent désormais des chiffres vérifiables - comme l’estimation annuelle des émissions de CO₂ liées à une infrastructure.

Favoriser l'insertion sociale

Les clauses sociales obligent de plus en plus les entreprises à intégrer des publics éloignés de l’emploi : bénéficiaires de minima sociaux, personnes en reconversion, ou sortants de milieu carcéral. Ces engagements ne sont pas symboliques : ils doivent être chiffrés (ex : 10 % de recrutements ciblés) et intégrés dans la chaîne de valeur, y compris chez les sous-traitants.
  • 🗂️ Bilan carbone des prestations, basé sur les facteurs d’émission ADEME
  • 📍 Taux d’emploi local ou régional intégré dans les indicateurs de performance
  • ♻️ Gestion des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) en fin de vie
  • 📱 Programmes d’inclusion numérique pour les publics vulnérables

Impact pour les freelances et entreprises du numérique

Se différencier par la RSE

Intégrer la RSE dans son offre n’est plus une option, mais un levier concurrentiel majeur. Une prestation d’infogérance gagne en crédibilité si elle s’appuie sur des serveurs en cloud vert ou si elle propose une architecture logicielle optimisée pour la sobriété énergétique. L’éco-conception logicielle, longtemps négligée, devient un argument clé dans les dossiers de candidature.

L'accès aux nouveaux marchés publics

Même les TPE et PME, y compris les freelances du secteur informatique, peuvent tirer profit de cette évolution. En structurant une réponse alignée sur les objectifs du SPASER de l’acheteur ciblé, ils peuvent concurrencer des structures plus grosses. L’enjeu n’est plus seulement technique, il est stratégique : montrer que leur prestation participe à une transformation durable.

Anticiper les besoins des acheteurs

L’un des meilleurs moyens d’anticiper ces attentes ? Consulter les SPASER publiés sur la plateforme officielle achats-durables.gouv.fr. Ces documents, accessibles à tous, révèlent les priorités locales : rénovation énergétique des data centers, formation aux métiers verts, ou encore préférence pour le matériel reconditionné. Adapter son catalogue à ces orientations, c’est jouer d’avance.

Comment adapter son offre informatique au schéma responsable

Structurer une réponse avec des KPI

Les acheteurs publics ne se contentent plus de promesses. Ils exigent des indicateurs mesurables : consommation énergétique en kWh par an, pourcentage de matériel réemployé, nombre d’heures de formation dispensées à des publics en insertion. Fournir des données chiffrées, issues d’un reporting extra-financier ou d’un audit, renforce la crédibilité de la candidature.

Choisir des fournisseurs engagés

La chaîne de valeur est sous la loupe. Un prestataire IT qui fait appel à des hébergeurs alimentés à 100 % par des énergies renouvelables, ou qui privilégie des fabricants labellisés “Numérique Responsable”, montre une volonté d’agir sur l’ensemble du cycle de vie du matériel. Cela peut faire la différence, surtout si l’acheteur intègre ces critères dans sa grille d’évaluation.

Mettre en avant l'innovation durable

Des outils comme la maintenace prédictive ou la Business Intelligence ne servent pas qu’à optimiser les coûts. Utilisés intelligemment, ils permettent de prolonger la durée de vie des équipements, d’anticiper les pannes, ou de réduire la surcapacité énergétique. En les positionnant comme des leviers de durabilité - et non seulement de performance -, on touche un besoin central du SPASER.

Les outils et ressources pour réussir sa transition

Veille réglementaire et plateformes

La réglementation évolue vite. S’y tenir informé n’est pas une option. Des plateformes comme achats-durables.gouv.fr ou des newsletters spécialisées permettent de suivre les mises à jour des clauses types, les bonnes pratiques ou les appels à manifestation d’intérêt. La veille stratégique, combinée à une formation ciblée (audit RSE, calcul d’empreinte carbone), devient un investissement rentable. On parle ici d’anticipation, pas de complaisance.

Le futur de la commande publique en 2026

Vers une généralisation du dispositif

Le SPASER, aujourd’hui réservé aux gros acheteurs, pourrait s’étendre à des entités de plus petite taille dans les prochaines années. Le gouvernement souhaite en faire un socle commun, intégré par tous les acteurs de la commande publique. Pour les prestataires, cela signifie qu’il vaut mieux adopter ces principes tôt plutôt que d’être pris au dépourvu.

L'IA au service de l'achat responsable

Les algorithmes pourraient bientôt aider à évaluer avec plus de précision l’impact environnemental des contrats. Par exemple, croiser les données de consommation énergétique des prestataires, les bilans carbone sectoriels ou les critères d’insertion. Une telle automatisation rendrait les processus plus transparents - et plus exigeants. Pour les entreprises, cela implique de disposer de données fiables et accessibles.

La pérennisation des bonnes pratiques

La vraie transformation ne viendra pas des contraintes, mais de leur intégration comme pilier stratégique. Faire de la RSE un levier de différenciation, et non une réponse contrainte, c’est ce qui permettra aux entreprises du numérique de rester compétitives. Au final, ce n’est pas le SPASER qui change le marché - ce sont ceux qui l’adoptent avec intelligence qui en tirent le meilleur parti.

Les questions les plus courantes

Peut-on être sanctionné si on ne respecte pas les engagements d'un SPASER ?

Oui, le non-respect des engagements contractuels liés au SPASER peut entraîner des pénalités financières ou des clauses de résiliation anticipée. À terme, cela nuit aussi à la crédibilité de l’entreprise pour les futurs appels d’offres.

Comment calculer précisément l'empreinte carbone d'une prestation de service IT ?

Il faut utiliser les facteurs d’émission officiels de l’ADEME, en tenant compte de la consommation électrique du matériel, des trajets professionnels et du stockage des données. Des outils comme le Bilan Carbone® ou des logiciels dédiés facilitent ce calcul.

Faut-il privilégier le label Numérique Responsable ou une certification ISO pour rassurer l'acheteur ?

Les deux sont complémentaires. Le label “Numérique Responsable” est spécifique au secteur et valorise des pratiques concrètes, tandis qu’une norme comme l’ISO 14001 offre une reconnaissance internationale. L’idéal est de combiner les deux pour renforcer sa légitimité.

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